– Ma formation de base, c’est psychosociologie à Paris XIII avec la découverte de Norbert Alter qui a été mon révélateur. J’ai beaucoup parlé avec des personnes qui sont formées dans des écoles historiques – Transformance, Mozaik, Académie du Coaching… Comme j’ai une formation de psychosociologue clinicienne et que je bénéficie donc de bonnes bases, je cherchais une formation avec un regard différent, une approche innovante et avec une dimension « corps ». Je voulais disposer d’une boîte à outils au nouveau physique, émotionnel et énergétique, et du sens en plus du niveau mental.

D’où sa décision de suivre à Dauphine un DESS de dynamique du changement dirigé par Marc Glady et adossé au laboratoire de Norbert Alter, complété par une formation en coaching intégratif, plutôt atypique, dans la mouvance de Tony Robbins.

– J’étais très théorique et mentale, et tout mon cheminement de coach a été de partir de ce principe théorique et d’aller l’expérimenter. Pour moi, la véritable formation d’un coach, c’est son expérience dynamisée par la supervision et les retours clients. Ce que je suis devenue est ce que je propose en coaching.

– Selon toi, quel est le rôle d’une école ?

– Donner un cadre symbolique. Challenger sur les illusions, les projections. Donner des repères. Idéalement, faire travailler l’ego. Je ne crois pas en un coaching « baguette magique ».

– C’est-à-dire ?

– J’observe une approche très dans le mental : « J’ai respiré, j’ai mis des post-it, j’ai tout compris ». J’observe également une lutte d’egos comme dans les entreprises. La restauration de l’ego est importante au début, mais pour ensuite réussir à le dépasser. Je pense qu’il y a très peu d’endroits où on est formé à transcender son ego, on reste sur des schémas très mentaux.

 

Marie et Audrey vont pouvoir souffler un peu. La matinée a été remplie à ras bord et l’après-midi sera tout aussi chargée avec une suite de conférences TED et un atelier. Heureusement, pour ceux qui le souhaitent, une pause-relaxation est prévue en fin de journée.

Elles se servent au buffet et s’assoient à une table libre.

– Quel bilan tires-tu de ces entretiens ? demande Marie.

– Le plus dur, c’est de trouver une formation qui corresponde parfaitement au profil de l’individu à coacher. Et c’est bien là le problème.

– Pourquoi ?

– Si tu cherches une formation pour une équipe, il y a une partie qui va accrocher et une autre qui risque de ne pas être réceptive.

– Comment faire ?

Caroline Jumelle les rejoint à leur table. Pour elle, la seule façon de trouver la bonne formation, c’est… de ne pas cesser de se former.

– Je n’avais pas très envie d’être passée à la moulinette d’une formation très « normalisante ». Je me suis dit : je n’ai pas envie de passer par une usine, je suis passée précédemment par des formations plutôt « usine » du type d’HEC, et aujourd’hui j’ai envie de procéder en mode « artisanal aux petits oignons ».

– Belle image pour un déjeuner. Et qu’avez-vous choisi ?

– En plus de ma formation généraliste chez Alter&coach, je suis allée suivre des formations à l’Institut français de la PNL. Cet institut a introduit la PNL en France initialement : la PNL à proprement parler et le coaching bref orienté solution, qui est issu du courant américain des thérapies brèves. Je viens de finir d’ailleurs la formation sur le coaching bref orienté solution auprès d’Hélène Blanchard, qui en est la spécialiste en France. Je me suis aussi formée à un inventaire typologique de personnalité appelé le Golden, qui est aux ECPA.

– Est-ce que ce choix a été facile à faire ?

– La PNL, c’est vraiment le séquoia au milieu de la forêt ! Difficile de le rater et de le contourner. C’est vraiment un pilier de la relation d’aide. Le coaching bref orienté solution, j’y suis venue par le réseau HEC, puisqu’Hélène Blanchard était venue prendre la parole lors d’une soirée thématique RH sur cette méthode.

Elle reconnaît néanmoins qu’il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver « dans ce catalogue champignonesque, pléthorique de formations, et cerner ce qui est utile, ce qui est gadget, et allouer ses ressources financières et de temps à bon escient. »

– Un vrai défi, conclut Caroline Jumelle.

Elles saluent un nouveau venu, Timothée Ferras. Chassez le naturel, il revient au galop : Audrey lui demande quelle formation il a suivie. Dans son cas, c’est l’Académie du Coaching, fondée par François Souweine.

– L’Académie du Coaching est très sélective. Il y avait trois entretiens et un dossier écrit. La qualité première du coach, c’est l’écoute et c’est ce que j’ai vécu lors de mon premier entretien avec Noëlle Philippe, qui est psychothérapeute.

– Qu’avez-vous apprécié plus particulièrement dans cette formation ?

Ce sont des petites promotions, un état d’esprit sympa et pas trop commercial, du sur-mesure.

Il conclut, philosophe :

– Vous allez entendre tout et n’importe quoi sur les écoles. Le critère le plus important dans ce qui va faire qu’un coach sera bon ou pas, c’est certainement la nature du travail sur lui qu’il a effectué : le meilleur outil de travail du coach,  c’est le coach lui-même, sa personne et le travail qu’il a fait en thérapie pour bien se connaître. C’est cela qui a permis de développer sa capacité d’écoute et d’empathie, sa capacité à bien comprendre les personnes qu’il accompagne. D’autres critères de sélection rentrent bien sûr en ligne de compte : la supervision qu’il effectue, son école de certification, ses accréditations – SF Coach, EMCC, ICF – , les responsabilités qu’il a exercées et, cela va de soi, sa pratique de coach.

Cette remarque fait écho à la table voisine. Jacques-Antoine Malarewicz va tout à fait dans le sens de Timothée Ferras.

– Il n’y a pas de bonne école, il y des bons ou des mauvais professionnels en fonction de leur aisance avec une technique. J’entends depuis toujours : « Le coaching va vous aider ». Ce qui peut être aidant, c’est la plus ou moins bonne adéquation entre l’outil et la personnalité du professionnel.

Ce que confirme Bruno Bolle-Reddat. Pour lui, l’important est d’être factuel :

– Clarifier ses critères de choix avec ce qui est important : la distance géographique, le prix, le contenu, la méthode pédagogique, la certification…

Audrey bondit sur son calepin pendant que le fondateur d’Agileom poursuit.

– Les outils sont souvent les mêmes dans les écoles historiques. L’important est de rencontrer les formateurs avec qui on va passer beaucoup de temps. Le lien et la confiance pour faire un parcours bénéfique dans le coaching viennent d’une alliance forte entre les formateurs et les participants. Pour cela, il est bon de les rencontrer avant.

Pour finir, il propose une astuce :

– Poser des questions dérangeantes, du type : « Vous prônez la supervision, vous êtes supervisé ? Par qui ? Quel est le point faible de votre école ? » Pour vérifier l’intégrité et provoquer la congruence de l’école de coaching que vous visez…

Qu’en est-il des coachs en formation ? C’est sur le chemin de la salle de conférence qu’Audrey interroge Dimitris Oikonomidis, qui travaille dans un groupe bancaire français d’envergure internationale.

– Moi, j’ai besoin des bases théoriques avant de pratiquer – démarche a priori plus universitaire. C’est le séquencement qui m’importe, démarrer par la théorie puis pratiquer.

– Et sur quelle base comptez-vous faire votre choix ?

– Je suis parti d’une liste qu’on m’a communiquée en interne – des coachs qui sont en formation. Je suis allé sur les sites internet et cela donne une bonne idée. La prochaine étape sera d’aller leur parler lors de présentations en porte ouverte. C’est important de voir les locaux, de rencontrer les gens.

Par chance, Florence Gallois, DRH au sein d’un grand groupe d’équipementier aéronautique, a entendu leur échange. Elle peut faire un retour d’expérience à Dimitris.

– Je me suis interrogée sur la manière de me professionnaliser dans ma posture de RH coach et j’ai fait la formation RH chez AXIS MUNDI. Cela a été le déclencheur de ma réflexion pour me former au coaching. J’avais regardé HEC qui ne correspondait pas à ce que je cherchais : une formation de coaching profonde, accréditée et reconnue au niveau international. J’avais également beaucoup échangé avec des coachs.

– Et vous, qu’avez-vous pris comme formation ?

– Mon entreprise a financé la première partie de ma formation au sein de Mozaik en 2016. Je pense que c’est un investissement que je pourrai mettre en œuvre très vite même si ma formation n’est pas terminée.

Dimitris est confirmé dans ses choix : International Mozaik et HEC sont les deux écoles qui de prime abord ont retenu son attention. Ils se promettent d’en reparler plus tard.

Audrey s’installe dans la salle de conférence, ravie d’avoir suscité les échanges entre deux futurs coachs : la puissance de la relation humaine se mesure aussi à ce genre de coïncidence. Son voisin, Louis Baron, professeur au département d’organisation et RH à l’université du Québec et lui-même formé au coaching, comprend la joie d’Audrey.

– Ce qui est positif, c’est la création d’une communauté « tous dans le même bateau ». C’est très appréciable quand on est confronté à nos zones d’ombre dans ce type de formation.

Mais déjà, les lumières baissent. La suite du programme s’annonce passionnante et, par définition, très riche en enseignement !

Prochain épisode N°9  :Quels enseignements pour quels objectifs ?

Chaque semaine, je publie deux nouveaux épisodes qui vous permettent de lire et de découvrir patiemment Socrate avait-il un coach. Si vous souhaitez aller plus vite, il suffit de cliquer ici !

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